RETOUR  

HISTOIRE DU VILLAGE
LA POPULATION DE FOURQUES AUX XVe ET XVIe SIECLES

La population de FOURQUES a de tout temps été la plus nombreuse en comparaison des villages alentours.
Elle est le produit de renouvellements constants : la population catalane, même si elle conserve son vieux fond immémorial, est à travers l'histoire le résultat de la fusion avec des apports divers.
Au Moyen Age et jusqu'au XIXe, l'apport nettement majoritaire est appelé " gavatx " ou " francès ", il vient des régions occitanes voisines (LANGUEDOC, GASCOGNE) du " regne de França ", le royaume de FRANCE, auquel notre partie de CATALOGNE n'appartient pas avant les traités de 1659-1660.

Jusqu'à la formation des départements en 1789-1790, alors que la nouvelle " province du ROUSSILLON" est gouvernée par la monarchie française comme une " province étrangère ", les nouveaux arrivants, main d'œuvre nécessaire depuis le XIVe siècle dans une CATALOGNE pauvre en hommes, sont désignés comme " étrangers venant du royaume de FRANCE ".

 

   LES HABITANTS DE FOURQUES 1497


On remarquera que la plupart du temps au cours de l'histoire les habitants de TORDERES ont été recensés avec ceux de FOURQUES, certainement car la paroisse voisine était peu peuplée et que souvent ses habitants et en particulier ceux des mas importants (mas NOE, mas CARBASSA d'Amunt -actuel mas du Cap Blanc [restaurant la Costella] dit aussi d'en XILE [prononcer 'chile' du nom d'un des anciens propriétaires, Achille CARBASSE], mas CARBASSA d'Avall -actuel mas d'en VILA ou la Chênaie-, la Teuleria -actuel mas CARBASSE) venaient baptiser leur progéniture à FOURQUES.

 

Il faut ajouter la liste des chefs de famille qui suit comme celles de 1515 et 1553 sont des fogatges, des listes d'imposition payée par foyer ou feu (foc).
Ce foyer fiscal est variable : selon les époques et les lieux, il peut varier de 2 à 7.
On peut tenter une multiplication par 3 pour avoir une idée mais il faut rester prudent avec ce genre de coefficient.
On pourrait alors évoquer le nombre de 120-140 habitants pour notre village (en y incluant une trentaine de Torderencs) en cette fin de XVe siècle.

Notre monarque est alors Ferdinand le Catholique, en tant que comte de ROUSSILLON, prince de CATALOGNE, qui porte la couronne catalano-aragonaise de 1479 à 1516.
Il est aussi roi de CASTILLE par son mariage avec Isabelle la Catholique, mais l'union ne signifiait nullement l'unité des deux couronnes.
La preuve en est qu'en 1504 à la mort de son épouse, c'est leur fille qui lui succède pour les terres castillanes et que lui se met à la recherche d'un héritier pour ses propres domaines, CATALOGNE (dont le ROUSSILLON), ARAGON, VALENCE, NAPLES et SARDAIGNE.

LES NOMS DES FOURCATINS

La dénomination 'En' devant les noms correspond à l'article personnel pour les noms de personne. 'En' pour les hommes, 'Na' pour les femmes

Les femmes sont représentées car, à défaut d'hommes dans la famille ou parce qu'elles sont les héritières du patrimoine, elles peuvent être dans le droit catalan, chefs de famille.

 

Mossèn RAMON, prevere [prêtre] Mossèn GIRAU, prevere [prêtre] En Martí LOBET En TALLAVIS (famille installée plutôt sur Passa) Bernat COSTA
Mersal COSTA Bernat MOMIR Na GABRIELA En Johan BONET Johan BRUGAT
Pere GITART Ramon OSSER Anthoni MARCH
Berenguer COSTA Gabriel MATHEU (certainement à l'origine du toponyme de Riu Matheu)
En PUJOL(n'a pas pour l'instant de rapport avéré avec les Pujol actuels car le patronyme disparait sur le village au XVIe siècle et ne réapparait que dans la première moitié du XVIIe siècle en relation avec les Pujol de Corneilla de la Rivière) En Guillem TERRATS (n'a pas pour l'instant de rapport avéré avec les Terrats actuels descendants des Terrats de Banyuls dels Aspres, où le patronyme est dejà là-bas au XVe siècle) Blasi HOER, del Mas (les Oer, Hoer ou Oher sont les ancêtre des Noé, Noher ou Noer, du mas Noé de Tordères où les descendants sont encore présents. Il faut interpréter Noé ou Noer avec l'adjonction de l'article personnel utilisé devant le nom de famille, En Oer > N'Oer > Noer > Noé, comme Nomdedéu vient de N'Homdedéu ou Naudelló vient de N'Audelló. Les Noé ont très souvent vécu davantage en relation avec Fourques qu'avec Tordères et ont indistinctement été " de Fourques " ou " de Tordères ") Pere CARBONELL(la famille Carbonell est à l'origine du Mas d'en Carbonell, aujourd'hui disparu, mais dont il reste le toponyme dans le cadastre) En CURRUBI (famille certainement en parenté avec les Cubri plus tard Coubris)
En BASCO En Pere VILAR Jaume Pere BERNAT Guillem REIG Delmau MORERA
  Raphel CARBONELL En BARRAL Pere PAU Mestre HUGUET
Na OHERA, vídua [veuve] del Mas [NOER ou NOE] Steva MARTI, de Torderas La vídua GITARDA Bernat TEXIDOR
Johan BOLLO
En Jaume BASCO MIQUEL En BARRERA En CAMP Na BASCONA
Na BUNDA En JULIA
Anthoni GITARD    

FOURQUES VILLAGE IMPORTANT

En 1497, comparons la population de FOURQUES et des villages voisins:

FOURQUES 43 feux LLAURO 9 feux MONTAURIOL 6 feux PONTEILLA 22 feux TROUILLAS 18 feux THUIR 160 feux
VIILEMOLAQUE 11 feux PASSA 18 feux TRESSERE 17 feux TERRATS 11 feux LLUPIA 10 feux  

 

   LES HABITANTS DE FOURQUES ET TORDERES EN 1515

Moins de vingt ans plus tard, on établit une nouvelle liste.
On y voit comme dans toute la CATALOGNE à l'époque que la population a baissé, conséquence des problèmes politiques (affrontements latents de la population avec les seigneurs et la monarchie, sur la frontière avec la FRANCE, etc.), économiques (conséquences d'une seconde moitié de XVe siècle peu florissante) et démographiques (épidémies récurrentes). La baisse sera encore plus sensible en 1553.

Madona, comme traitement de courtoisie, correspondrait pour les femmes à 'madame', une appellation que l'on donnait souvent, hormis les nobles, aux femmes d'artisans, aux riches paysannes ou aux veuves.
Le signe * renvoie à des individus ou des patronymes déjà cités en 1497

Mossèn Joan SURA, prevere [prêtre] Mossèn GAUCELM, beneficiat [bénéficier] Mossèn GUILLEM, sagristà [sacristain] Mossèn GUILLEM, beneficiat [bénéficier] En BURGAT*
Miquel PUIG En PARONA En MARCH* En Joan COSTA Jaume CORRUBI*
Guillem TERRATS Galceran VALLS En VILAR* En CARBONELL* En NOGUROLES
En BOQUER En Guillem EXART En CARRADA En Joan DEPER En Marçal COSTA*
Bernat COSTA* Gabriel MATEU* Lo render d'en LOBET* [le fermier de L.] Joan ORIOL Pere GUITARD*
Madona Paula, vídua Joan BARRAL* Ramon JULIA* En LANDES Miquel BASCO* Joan HOER*
Jaume HOER* Joan MARTI*, de Torderes Joan GUITARD* Miquel TEXIDOR* BASCO*, de Torderes
Joan MOLO Mestre PERE, lo ferrer [le forgeron]      

FOURQUES VILLAGE CONSERVE SON IMPORTANCE

En 1515, diminution des populations de FOURQUES et des villages voisins:

FOURQUES 38 feux (-5) LLAURO 8 feux (-1) MONTAURIOL 3 feux (-3) PONTEILLA 18 feux (-4) TROUILLAS 22 feux (+4) THUIR 158 feux (-2)
VIILEMOLAQUE 10 feux (-1) PASSA 16 feux (-2) TRESSERE 13 feux (-4) TERRATS10 feux (-1) LLUPIA 11 feux (+1)  

 

   LES HABITANTS DE FOURQUES EN 1553

Le fogatge de 1553 a longtemps été le plus utilisé par les historiens et les démographes car il apparait comme le plus fiable dans sa globalité.
Il démontre la nette baisse de la population catalane dans la première moitié du XVIe siècle, à cause de l'accentuation des raisons évoquées plus haut.

Notre souverain est alors CHARLES QUINT, toujours bien entendu en tant comte de BARCELONE, de ROUSSILLON et CERDAGNE, même s'il est aussi roi d'ARAGON, de VALENCE, de NAPLES et de SARDAIGNE pour les terres de la couronne catalane et encore roi de CASTILLE, empereur germanique, prince des PAYS-BAS, duc de BOUGOGNE, seigneur du Nouveau Monde, etc.
On voit apparaître des nouvelles familles qui feront souche, COMPTA, PONS, etc. Le signe * renvoie à des individus ou des patronymes déjà cités en 1497.

" A XXVIII de juliol any predit MDLIII davant dits fogajadors, comparegueren Guillem VILAR y Joan CARBONELL cònsols del loch de FORQUES y migensant jurament, sagrament y homenatge e hoÿda sentència de excomunicatió, denuntiaren los fochs següents de dit loch, com apar en lo libre dels fogatjes, en cartes 613.3

Le 28 juillet de l'an susdit 1553 devant nous, officiers recenseurs, ont comparu Guillem VILAR et Joan CARBONELL, consuls du lieu de FORQUES et sous serment, sacrement et hommage [prêtés] et entendue la sentence d'excommunication ont dénoncé les feux suivants dudit lieu, comme celui-ci apparait dans le livre des fogatges, à la page 61.

Forques Eclesiàstichs Mossèn Bernat ALBERT, arrendador Mossèn Huch RAMON, arrendador Laychs Jaume COMPTE, batlle [représentant du seigneur] (semble être originaire des COMTA du Riberal, CORNEILLA et ILLE, arrivés sur FOURQUES dans la première moitié du XVIe) Guillem VILAR*, cònsol comparent Joan CARBONELLl*, cònsol comparent [consul élu pour un any par l'assemblée des chefs de famille, appelée la universitat] Berthomeu PUIG* Andreu GUITART* Arnau PONS (semble être originaire du courant migratoire occitan et être arrivé sur FOURQUES dans la première moitié du XVIe).

A l'origine des nombreux PONS qui habiteront FOURQUES jusqu'à aujourd'hui) Joan COSTA* Jaume COSTA* Bertran FARDURA Joan FARRER* (est-il à mettre en relation avec 'lo ferrer', le forgeron cité en 1515).
Les nombreux FERRER que l'on trouvera au XVIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui semblent être descendants des FERRER de MONTESQUIEU, arrivés sur FOURQUES fin XVIe) Gabriel MATHEU* Joan CARUBI* Joan GALCERAN* Francesch REIG* Joan VIDAL Guillem TAPIES La viuda JULIANA* Joan HOER* Joan TEXIDOR* Berthomeu GUITART* Na DAMIANA Torderes 20 laychs, 19 nets "

FOURQUES 23 feux (-15) LLAURO 5 feux (-3) MONTAURIOL 3 feux (=) PONTEILLA 12 feux (-6) TROUILLAS 16 feux (-6) THUIR 94 feux (-64)
VIILEMOLAQUE 3 feux (-7) PASSA 14 feux (-2) TRESSERE 12 feux (-1) TERRATS 7 feux (-3) LLUPIA 7 feux (-4)  

 


RETOUR A HISTOIRE DU VILLAGE